Le 22 juillet 1969, Neil Armstrong est le premier homme à poser un pied sur la lune. L’ordinateur de bord de la fusée, l’Apollon Guidance Computer, dispose d’environ 8 fois moins de puissance que les calculatrices modernes destinées aux collégiens. Le 20 novembre 2022, ChatGPT dévoile sa première version. L’IA nécessite des milliers d’heures de calcul sur des ordinateurs ultra performants et des ressources élevées pour chaque requête – environ 10 fois plus que pour une recherche Google Garoscio (2024) –. L’écart de puissance est énorme mais est-il toujours nécessaire ?
Facebook répond en partie à la question. En 2014, l’entreprise publie un nouveau langage de programmation dénommé Hack. Ce langage est désigné pour être le successeur du langage de programmation qui est historiquement utilisé par l’entreprise, à savoir le langage PHP. Pourquoi un nouveau langage ? Le langage PHP ne répond pas à tous les besoins de l’entreprise. Notamment, il s’agit d’un langage interprété, c’est à dire que les instructions du code sont traduites pour la machine à chaque lecture. Pour le langage Hack c’est différent, c’est un langage compilé. Ici, on traduit le code pour la machine une bonne fois pour toute. Résultat : le code exécuté avec Hack est 5 fois plus rapide que le code équivalent en PHP. Cela a permis à l’entreprise de continuer sa croissance tout en maintenant constant la puissance de ses installations numériques.
De nos jours, n’importe quel ordinateur peut faire tourner des programmes relativement complexes. Le revers de la médaille, la perte de l’intérêt pour l’optimisation des programmes informatiques. Ce manque d’optimisation mène à un gaspillage des ressources de calcul et a un impact sur la quantité de ressources physiques, énergétiques et économiques utilisées par l’informatique. 6% par an : c’est l’augmentation moyenne de l’empreinte carbone annuelle du numérique. L’accès de l’IA au grand public creuse encore plus cette consommation et il serait peut-être temps de réfléchir à de possible alternatives avant de chercher à augmenter la puissance des machines. Par cet exemple, Facebook nous montre qu’il est encore possible de trouver des alternatives intelligentes permettant de construire des logiciels efficaces en impactant moins la planète.